Conseils aux parents dont l’enfant a été victime d’un trauma

Traumag no 6

Votre enfant a été exposé à un événe­ment traumatique et, depuis, vous vous questionnez sur la façon dont vous devriez intervenir. L’aider à y penser le moins possible afin d’éviter de faire res­surgir de mauvais souvenirs? En parler avec lui? Quoi dire et comment le dire?

Tout d’abord, vous faire confiance comme parent!

Souvent, vous-mêmes sous le choc, vous pouvez craindre de faire des erreurs. Pourtant, la première chose à vous rap­peler est que vous êtes la personne qui connaît le mieux votre enfant. Vous sa­vez reconnaître les indices qui lui sont propres lorsqu’il a besoin de parler, de s’isoler ou de se changer les idées. Ce n’est pas différent depuis l’événement traumatique. Faites-vous confiance et utilisez les stratégies qui ont toujours fonctionné avec lui (p. ex. : le rassurer, lui offrir des objets sécurisants, passer plus de temps avec lui). Chaque enfant est unique ! Il s’agit de vous adapter en fonc­tion de ce que vous connaissez de votre enfant, mais aussi en fonction des réac­tions qui surgissent. Des changements de comportements et des émotions plus intenses qu’à l’accoutumée sont nor­maux dans les jours et dans les semaines qui suivent l’événement. Votre rôle est d’accompagner votre enfant dans la ges­tion de ses émotions.

Une question d’attitude

À la suite d’un événement traumatique, les enfants craignent surtout de se re­trouver seuls et que la vie ne reprenne jamais son cours normal. Il est donc sug­géré de favoriser un retour à la routine habituelle (p. ex. : rituel du coucher, pré­sence en classe, activités sociales et loi­sirs) le plus rapidement possible. De plus, avant même de parler de l’événement ou des émotions qu’il génère, il est im­portant que vous adoptiez une attitude apaisante et confiante. Cela permettra à votre enfant de se calmer à son tour en vous utilisant comme modèle, mais aus­si de ressentir votre capacité à recevoir ce qu’il a à vous dire, si tel est le cas. La plupart des enfants seront davantage sécurisés par une présence rassurante et des contacts phy­siques affectueux que par de grandes explications.

Des gestes aux paroles

Alors que certains enfants auront be­soin de poser plu­sieurs questions, d’autres n’auront pas envie de parler de l’événement. Il est important de respecter le rythme de l’enfant et de ne pas forcer la discus­sion. Rien ne presse de parler ! L’enfant intègre à son rythme ce qui est arrivé. Rappelez-lui plutôt votre disponibilité à l’écouter en tout temps. Tôt ou tard, vous trouverez le bon moment pour dis­cuter avec lui de ce qui s’est passé. Ne vous mettez pas de la pression pour chercher quoi lui dire. Il suffit d’accueillir ce qu’il a à vous dire et de répondre à ses questions le plus honnêtement possible. Le degré de précision à fournir dépen­dra des questions qu’il posera, de l’évé­nement en tant que tel (p. ex. : accident ou geste violent) et de la personnalité de l’enfant (p. ex. : évitement ou recherche d’informations). Vous aurez aussi à vous adapter en fonction de sa maturité et de son âge.

Voici quelques points pour créer un cli­mat propice à la discussion avec des en­fants de six à douze ans1 :

  • Écoutez l’enfant sans l’interrompre, en l’amenant à verbaliser son point de vue.
  • Répondez aux questions de l’enfant en utilisant des mots simples. Donnez-lui des réponses courtes pour lui laisser le temps de comprendre l’information.
  • N’en dites pas plus qu’il n’en faut. Par ses questions et ce que vous connaissez de lui, vous saurez jusqu’où aller. Il vaut mieux donner peu de détails à la fois et s’ajuster selon ses réactions.
  • N’hésitez pas à l’informer que certaines questions peuvent demeurer sans ré­ponses pour le moment.
  • Rappelez-lui qu’il est maintenant en sé­curité et que l’événement est terminé.
  • S’il a de la difficulté à s’exprimer avec des mots, proposez-lui d’utiliser l’écri­ture, le dessin ou les jeux, par exemple. Tous ces moyens sont bons pour l’aider à se révéler.

Quand les interventions des parents ne suffisent plus

Malgré les interventions de l’entourage durant les premières semaines, il peut arriver que l’enfant ne réussisse pas à se remettre de ce qui lui est arrivé. Si les émotions intenses et les changements de comportements perdurent plus de quatre à six semaines et s’intensifient, n’hésitez pas à consulter un professionnel qui l’ai­dera à se rétablir complètement.

Référence

Santé et Services sociaux du Québec. Mon enfant a été confronté à un événe­ment traumatique. Retrieved from cook­library.towson.edu/helpguides/guides/ APA_govLegal.pdf