Détecter hâtivement l’ESPT pour diminuer les coûts en santé

coûts_santé

L’Organisation mondiale de la santé définit la violence de la façon suivante : L’utilisation intentionnelle de la force physique, de menaces à l’encontre des autres ou de soi-même, contre un groupe ou une communauté, qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, des dommages psychologiques, des problèmes de développement ou un décès. (2014). Statistique Canada rapporte que près de 415 000 crimes violents ont été déclarés en 2012, ce qui équivaut à un taux de 11,9 crimes violents par 100 000 habitants. La survenue des actes criminels violents se traduit en coûts importants pour la société. Pour les victimes d’actes criminels violents (VACV) seulement, les coûts de santé associés aux traitements (p. ex. : soins de santé physique) et aux conséquences (p. ex. : absentéisme au travail) sont estimés entre 23 et 36 milliards de dollars annuellement.

Les crimes violents sont, parmi tous les types d’événements traumatiques, les plus susceptibles d’engendrer un état de stress post-traumatique (ESPT). La prévalence de l’ESPT chez les VACV se situe entre 20% et 40%, comparativement à 10% au sein de la population générale canadienne. Les VACV ayant développé un ESPT rapportent davantage de séquelles physiques dommageables (p. ex. : douleur chronique) que ceux n’ayant pas d’ESPT. De plus, dans une forte proportion des cas d’ESPT (78,1% des femmes et 63% des hommes), un trouble psychologique comorbide s’ajoute au tableau clinique. Le plus fréquemment, il s’agit de la dépression majeure. L’ESPT, incluant les différentes problématiques qui en dé-coulent, mobilise de nombreuses ressources afin d’être traité, ce qui se traduit en coûts importants pour le système de santé.

La prévention, sous ses différentes formes, est la stratégie de contrôle des coûts recevant le plus d’appui parmi les professionnels de la santé psychologique et les scientifiques. La prévention peut être primaire, c’est-à-dire qu’elle vise à éviter le développement de l’ESPT chez les populations vulnérables. Chez les VACV, la prévention primaire peut prendre différentes formes. Elle peut consister à effectuer de la sensibilisation auprès des populations à risque d’être exposées à des crimes violents ou encore par le biais de différents programmes d’aide visant à réduire la criminalité. Ce type de prévention est efficace pour diminuer les coûts à court et à long termes puisqu’il permet de réduire l’incidence de la maladie, c’est-à-dire le nombre de nouveaux cas.

Le second type de prévention visant à contrôler les coûts associés à l’ESPT chez les VACV est dit secondaire. Ce type de prévention vise à diminuer la prévalence de la maladie, c’est-à-dire le nombre de personnes atteintes, en détectant hâtivement l’ESPT. La prévention secondaire peut prendre la forme d’interventions précoces auprès des VACV par des psychologues dûment formés. Aussi, il peut s’agir d’offrir des séances d’information et de formation aux intervenants de première ligne (p. ex. : policiers, personnel hospitalier de l’urgence) afin que ceux-ci soient plus aptes à détecter les premiers symptômes d’ESPT. Ce type de prévention, par les ressources matérielles et humaines qu’il engage dans l’immédiat, a une portée limitée sur la diminution des coûts à court terme. Cependant, la prise en charge rapide des personnes à risque de développer un ESPT permet des économies à moyen et à long termes, car elle prévient le développement des conséquences associées à la pré-sence d’un ESPT.