L’état de stress post-traumatique : une expérience personnelle

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Une stratégie importante à adopter pour optimiser le dépistage et le plan de traitement des individus souffrant d’un état de stress post-traumatique (ESPT) est de comprendre leurs « croyances reliées à la maladie »1. Les intervenants doivent comprendre, en plus du trouble psychologique, les perceptions des individus victimes d’un ESPT. Ces perceptions peuvent être influencées par leur façon de penser, leurs émotions ou leur culture.1 Les croyances reliées à la maladie peuvent inclure cinq perceptions : l’identité de la maladie, ses causes, sa durée, ses conséquences quotidiennes et la mesure dans laquelle l’individu peut la contrôler.1,2

L’identité

L’identité attribuée à la maladie comprend tout d’abord l’étiquette ou le nom que l’individu y rattache. Ceci inclut aussi les symptômes que l’individu y associe. Par exemple, l’individu pourrait ne pas identifier certains symptômes comme étant liés à son ESPT, même si ces symptômes sont bien documentés dans la recherche. Il pourrait aussi les attribuer à d’autres explications. Quant au dépistage, il est important pour l’intervenant de comprendre la signification du nom et des symptômes que l’individu associe à son trouble de santé mentale afin d’aborder la problématique de manière personnalisée. Ainsi, l’individu pourra mieux se reconnaître dans les questions posées par l’intervenant lors du dépistage.

Les causes

Chaque individu peut avoir des perceptions quant à la cause de son ESPT. Pour certains, la cause perçue est simple et facilement identifiable, tandis que pour d’autres l’explication est beaucoup plus complexe et diffuse. De plus, un individu pourrait évoquer des causes biologiques, alors qu’un autre pourrait considérer des facteurs psychologiques ou sociaux.

La durée

Combien de temps l’individu estime-t-il qu’il souffrira du problème ? Selon l’individu, la durée perçue pourrait être courte, longue ou même permanente. Il importe pour l’intervenant d’être au courant de cette perception, puisqu’elle va agir sur les attentes de l’individu et sur sa motivation à poursuivre le traitement.1,2

Les conséquences

Chaque individu perçoit l’impact de sa maladie à sa façon. De ce fait, les conséquences quotidiennes qui en découlent peuvent différer d’une personne à l’autre. Dans les cas d’ESPT, les individus peuvent rapporter un impact plus ou moins grand concernant leur capacité à travailler, leurs croyances religieuses ou leur espoir pour le futur, entre autres. Par exemple, un individu pourrait signaler un impact négatif sur ses croyances religieuses, alors qu’un autre pourrait déclarer que son trouble de santé mentale n’a eu aucun impact sur cette sphère. Les conséquences vécues par l’individu sont liées à son niveau de détresse.

Le contrôle

Il s’agit du niveau de contrôle que l’individu croit exercer sur son ESPT, soit via le traitement ou par les moyens qu’il utilise pour gérer ses symptômes. Certains aspects pourraient être perçus comme étant sensibles au traitement, tandis que d’autres pourraient être considérés comme irréparables. Lorsque l’intervenant comprend ces croyances, il peut cibler le traitement de manière plus personnalisée et efficace.

La recherche démontre que si l’in-tervenant prend le temps de bien comprendre les croyances reliées à la maladie de l’individu, le dépistage, l’adhérence au traitement et les résultats de ce traitement pourraient en bénéficier.1,2

Références

  1. Leventhal, H., Diefenbach, M., & Leven-thal, E. A. (1992). Illness cognitions: Using common sense to understand treatment adherence and affect cognition interactions. Cognitive Therapy and Research, 16, 143-163.
  2. Spoont, M., Sayer, N., & Nelson, D. B. (2005). PTSD and treatment adherence: The role of health beliefs. Journal of Nervous and Mental Disease193(8), 515-522.