Porter attention aux actes de violence subis au travail pour prévenir la chronicisation des conséquences

conséquences

L’exposition à un acte de violence au  travail peut entraîner des conséquences importantes chez les employés du secteur de la santé. Ce secteur est particulièrement propice aux actes de violence, car le personnel de santé a seize fois plus de risque d’être victime ou témoin d’un acte de violence que les autres corps d’emploi de la fonction publique. Cependant, à ce jour, aucune étude n’a répertorié l’ensemble des conséquences auxquelles une victime ou un témoin de violence au travail pourrait avoir à faire face.

Selon 68 études, incluses dans une revue de littérature systématique réalisée par notre équipe, les résultats ont mis à jour sept types de conséquences pouvant faire suite à un acte de violence au travail :

  1. Conséquences physiques ;
  2. Conséquences psychologiques ;
  3. Conséquences émotionnelles ;
  4. Conséquences liées au fonctionnement au travail (p. ex.  : congés de maladie) ;
  5. Conséquences sur les relations avec le patient et la qualité des soins apportée au patient ;
  6. Conséquences sociales (p. ex. : vie de famille, sentiment d’insécurité) ;
  7. Conséquences financières.

Il apparaît que les aspects psychologiques et émotionnels sont les facteurs sur lesquels la violence a le plus d’impact négatif. Il semble aussi que les victimes souffrent de stress post-traumatique (entre 5% et 32% selon quatre études), de vigilance accrue, d’irritabilité et de troubles du sommeil. Quelques auteurs notent également des symptômes dépressifs avec cependant un pourcentage inférieur à 20 % dans la plupart des cas.

Concernant les aspects émotionnels, 25 des 68 études font état d’au moins une conséquence de ce type. La colère, la peur, la tristesse et le dégoût sont les symptômes qui reviennent le plus souvent.

Les conséquences sur le plan professionnel sont également importantes, car selon 12 des 68 études, entre 13% et 60% des victimes ont pensé quitter leur emploi après un acte de violence.

De plus, 10 des 68 études font également état de conséquences en termes de qualité des soins. Parmi ces conséquences, on retrouve le développement d’un sentiment de peur à l’égard des patients en général, la perte du plaisir à travailler au contact des patients ou la diminution du temps passé avec eux.

Ces résultats démontrent que les conséquences de la violence au travail ne sont pas seulement profondes, mais également multiples. Il est donc nécessaire de les connaître afin d’agir pour les prévenir.