Pourquoi, cette fois, la situation m’a-t-elle affecté?

Les traumatismes psychologiques font référence à des événements qui conduisent un individu à développer une détresse et des difficultés de fonctionnement importantes. Peut-on parler d’un manque de résilience dans ces cas? Pas nécessairement! Toutefois, le fait qu’une majorité de personnes se remette naturellement d’événements aussi graves qu’une agression sexuelle ou qu’un accident de la route majeur, et que seule une minorité significative développe des réactions traumatiques sur le plan psychologique, suscite depuis longtemps des questionnements chez les chercheurs. De même, il est aussi intrigant qu’une personne ayant vécu plusieurs fois le même type d’événement (p. ex. : un acte de violence envers une infirmière) y succombe à la dixième, voire à la vingtième récidive ou plus.

Les chercheurs ont tenté de comprendre le phénomène en identifiant les facteurs de risque et de protection psychologiques, sociaux et biologiques chez l’individu et ceux en lien avec l’expérience vécue. L’ensemble de ces facteurs a été évalué selon une perspective temporelle, à savoir les facteurs présents avant, pendant et après l’événement. Il en ressort que seul un nombre restreint de ces facteurs s’avère avoir un effet relativement important sur le rétablissement d’une victime. Il demeure donc beaucoup de questions sans réponses. Deux facteurs de risque identifiés concernent la gravité de l’événement vécu (p. ex. : si l’événement a causé des blessures) et le fait d’avoir «dissocié» (p. ex. : avoir moins conscience de ce qui se passe autour de soi) durant l’événement. Un facteur de protection (qui devient un facteur de risque lorsqu’il est absent) concerne le soutien social présent durant les semaines et les mois suivants l’événement. De plus, certaines recherches récentes suggèrent que l’intensité de la réponse biologique dans les moments immédiatement après l’événement (p. ex. : au niveau du rythme cardiaque) puisse aussi prédire le risque de développer des réactions post-traumatiques chroniques ultérieurement. Le cortisol, une importante hormone de stress, peut également être étudié pour quantifier la réponse biologique de stress.

Bien que ces indicateurs restreints constituent notre base de connaissances la plus solide à ce jour, nous pouvons les utiliser pour identifier les individus qui éprouveront plus de difficultés à récupérer d’un événement potentiellement traumatisant et leur apporter notre soutien avant que des difficultés chroniques ne perdurent.