Victime de violence au travail

L’événement

C’est arrivé un matin au printemps, dans un commerce, un individu est entré un peu après l’ouverture. Il avait clairement l’intention de faire quelque chose de mal, je l’ai aperçu dès qu’il a franchi le seuil de la porte. Il s’est assuré qu’il n’y avait personne dans le magasin et il est resté un certain temps à regarder autour. Après quelque temps, il m’a dit : « C’est un hold-up ! » J’étais tellement surprise que je suis restée figée. Je lui ai répondu : « Il n’y a presque pas d’argent. » Malgré tout, il s’est approché et il m’a arraché l’argent, puis il est parti.

Les conséquences

Ce moment-là est longtemps resté gravé dans ma mémoire et c’est venu nuire à mon travail. C’est venu me jouer dans la tête à différents niveaux et par la suite, j’ai développé des peurs, des craintes face à l’endroit où je travaillais, face aux hommes, face à des gens habillés d’une certaine façon. Je n’étais plus capable de fonctionner, d’être bien au travail seule, j’avais tout le temps des brûlures à l’estomac quand je me rendais à cet endroit. Je me suis dit, et d’autres personnes m’ont aussi dit : « Ça va passer, ne t’inquiète pas, ce sont des choses qui peuvent arriver, mais ça va finir par passer… » Mais j’ai développé d’autres symptômes physiques, j’avais peur d’aller dans certains endroits sans être accompagnée. Jour et nuit, j’étais en état d’alerte, j’étais totalement épuisée.

Le rétablissement

Cet événement a changé toute ma vie. Je n’étais plus capable de m’occuper de certains aspects au travail, c’était devenu très difficile pour moi d’être présente au magasin, et j’ai finalement dû faire un changement de carrière.

Après plus d’un an, j’ai consulté mon médecin qui m’a dit que je souffrais de stress post-traumatique et qui m’a recommandé de voir un psychologue. J’ai donc cherché de l’aide et on m’a référé au Centre d’étude sur le trauma de l’Hôpital Louis-H. Lafontaine. Je me suis demandé à quel point la thérapie allait me guérir. Au début, j’avais des préjugés, mais avec l’aide d’un spécialiste, ce qui m’a plu, c’est de pouvoir aller droit au but.

Avec le recul, je pense qu’il faut attaquer le problème et entamer la démarche le plus rapidement possible. Il faut donner la possibilité aux gens qui ont vécu un tel événement de consulter tout de suite. Il faut combattre cette idée que « ça va passer », parce que ce n’est pas vrai, ça ne passe pas du tout si on ne fait rien.