Qu’est-ce que l’état de stress post-traumatique ?

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Le diagnostic de l’état de stress post-traumatique a été intégré en 1980 au manuel américain des troubles mentaux (DSM, un manuel de référence en santé mentale). Ce diagnostic est par conséquent récent et de nombreuses recherches sont en cours afin de mieux le comprendre et surtout mieux le traiter. En effet, au Canada, 9,2 % des personnes vont présenter un ÉSPT au cours de leur vie. On sait aujourd’hui que n’importe quelle personne, même très équilibrée ou bien dans sa peau, peut être touchée par un événement potentiellement traumatisant tel qu‘un accident de voiture, une catastrophe naturelle (inondations, tremblements de terre, etc.), une guerre, de la violence familiale, un viol ou toute autre forme d’agression. De même, il n’est pas nécessaire d’avoir vécu l’événement directement pour ressentir des symptômes de stress, car un témoin de l’événement peut aussi les ressentir à la même intensité.

Les symptômes

À la suite d’un événement traumatisant, les personnes qui y ont été confrontées ou qui en ont été témoins peuvent manifester divers symptômes psychologiques et physiques liés au stress. Par exemple, ils peuvent présenter des symptômes intrusifs, tels que des souvenirs fréquents de l’événement. Dans certains cas, la personne peut revivre concrètement l’événement, ainsi que l’émotion ressentie pendant le drame. C’est ce qu’on appelle avoir un flashback. Les cauchemars sont une autre manifestation possible.

Un second type de symptôme concerne les comportements d’évitement. La personne tente, dans sa vie de tous les jours, d’éviter les situations et les éléments qui pourraient lui rappeler le drame. Elle peut aussi avoir tendance à éviter d’en parler ou même d’y penser. Un autre aspect de l’évitement est l’émoussement des émotions qui peut aller jusqu’à une insensibilité émotive. La personne perd intérêt à des activités qui autrefois la passionnaient, se replie sur elle-même et fuit ses proches.

« Un événement bouleversant peut changer la vie de quelqu’un en l’empêchant de vivre comme il est habitué. »

Enfin, la personne peut avoir de la difficulté à se concentrer, être confrontés à de l’insomnie, de la nervosité, avoir tendance à sursauter facilement, ressentir une impression constante de danger ou de désastre imminent, une grande irritabilité ou même un comportement violent. L’ÉSPT peut parfois s’accompagner de dépression, de forte consommation d’alcool ou de drogues et de tendances suicidaires. La vie quotidienne de la personne est ainsi perturbée. Les relations interpersonnelles sont particulièrement touchées et peuvent se traduire par des conflits familiaux. La vie sociale de la personne souffrante se retrouve très souvent restreinte. Sa vie professionnelle peut également en être affectée, que ce soit par la diminution de la performance ou l’absentéisme de plus en plus présent.

« Les personnes souffrant d’un ÉSPT vivent généralement 3 types de symptômes: ceux d’intrusion, d’évitement et d’hyperactivation. »

L’ÉSPT peut affecter toute personne confrontée ou ayant été témoin d’un événement bouleversant. Les symptômes qui en découlent peuvent être très perturbants pour la personne qui en est atteinte et nécessite donc d’être pris en charge, sinon l’ÉSPT peut persister et se chroniciser.