Les difficultés de quitter une relation violente

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Difficile de comprendre qu’une victime de violence conjugale puisse faire le choix de rester avec son conjoint violent. Pourtant, les études rapportent qu’un grand nombre de personnes restent en couple malgré la présence de violence. Qui plus est, les victimes d’une violence plus sévère auraient tendance à faire plusieurs tentatives pour quitter le domicile conjugal avant de quitter pour de bon leur conjoint. Choix rationnel ou impossibilité d’agir? Les victimes de violence conjugale font face à de nombreux obstacles ou difficultés qui pourront soit brouiller leur perception de la situation vécue, soit poser des barrières pratiques à un départ. Ainsi, il est connu que certains éléments du contexte puissent freiner un départ tels que la présence d’enfants ou des contraintes financières. De plus, la dépression a été identifiée dans les recherches comme une conséquence fréquente de la violence. Une personne présentant des symptômes de dépression est davantage à risque de tomber dans un état de découragement. Cet état d’esprit pourrait l’amener à ne plus faire d’effort pour tenter de mettre fin à la violence ou pour quitter la situation. L’attachement à son partenaire est un autre facteur de première importance qui est souvent oublié par ceux qui regardent la situation de l’extérieur et avec un oeil empreint d’une plus grande rationalité. De fait, les études rapportent qu’il s’agirait, dans bon nombre de cas, de la plus importante raison qui incite la victime à retourner avec le partenaire violent. Certains auteurs abordent d’ailleurs la décision de quitter une relation violente comme une forme de dépendance dont la personne doit se défaire pour arriver à s’en sortir. L’attachement à l’autre sera parfois aussi puissant que la personne qui en est victime pourrait devoir traverser une à une les différentes étapes allant du déni à l’action et au maintien pour enfin en être affranchie.

Certains facteurs influençant la décision de mettre fin à la relation peuvent aussi être directement reliés à la forme que prend la violence dans le couple. Ainsi, si les actes de violence sont commis alternativement par l’un et l’autre des partenaires, ceux-ci auront moins tendance à se percevoir comme des victimes et à aller chercher de l’aide. Ils seront également portés à davantage excuser ou rationaliser les actes de violence commis à leur égard puisqu’ils en ont eux-mêmes été l’auteur à différentes occasions. De plus, si la violence est un important motif de rupture au sein des couples, elle peut également en être le résultat. Loin de nécessairement mettre un terme à la violence, la séparation est parfois un déclencheur d’aggravation de la violence, lorsque celleci n’a pas carrément commencé après l’annonce de la séparation. Plusieurs victimes de violence en contexte conjugal se sentent dépassées par la violence vécue et auront besoin d’aide pour cibler les stratégies les plus adéquates afin de composer avec la situation. Bénéficier d’un soutien social adéquat de la part d’amis ou de membres de la famille, pourra alors devenir essentiel à la personne victime afin d’entamer ce difficile processus et enfin se sortir de la violence.