Victime d’un acte criminel ? À chacun ses besoins !

Puisque chaque individu et chaque acte criminel sont différents, il est ardu d’établir quels sont les besoins « normaux » à la suite d’une victimisation. Cependant, la plupart des victimes sont initialement en état de choc, de confusion et de déséquilibre dans les premières heures suivant l’événement. À ce moment, certaines auront besoin de se retrouver seules afin de « digérer » ce qui vient de se passer, d’autres souhaiteront en parler avec leur entourage. Lorsque les proches de la victime ne sont pas disponibles ou ne sont pas en mesure de répondre aux besoins de celle-ci, il peut être pertinent de recourir à un service de soutien ou à une ligne d’écoute.

À la suite de l’évènement

Durant le premier mois suivant l’événement, les réactions de stress sont communes, quoique temporaires pour la majorité des individus victimisés. Néanmoins, il est tout à fait possible que les victimes aient besoin de soutien, soit de la part de leur entourage ou de professionnels, afin de surmonter les difficultés pouvant être vécues suite à l’événement. D’ailleurs, selon les résultats d’une étude américaine (Brickman et coll., 2002), environ 75 % des victimes d’acte criminel ont besoin de soutien émotionnel et psychologique à la suite de l’événement. En outre, environ 50 % des victimes rapportent avoir besoin d’information (par exemple, sur les services offerts aux victimes, sur les procédures judiciaires criminelles, sur l’enquête policière, etc.). Finalement, 25 % des répondants de l’étude de Brickman et de ses collaborateurs ont déclaré avoir eu besoin d’une aide tangible telle que l’installation de systèmes de sécurité ou le remplacement des biens endommagés. Un autre exemple important de soutien tangible est la possibilité, pour certaines victimes, d’obtenir une indemnisation auprès de la Direction de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC). La personne peut alors bénéficier d’un soutien financier, de mesures de réadaptation physique et sociale ou participer à des programmes de réadaptation professionnelle.

Ça va passer ! Vraiment ?

Pour plusieurs, une fois les premières semaines passées, leur fonctionnement revient à l’état initial qui prévalait avant l’évènement. D’autres reprendront seulement un fonctionnement partiel ou développeront des réactions intenses et chroniques (par exemple, des flashbacks, un évitement persistant du lieu de l’événement et une hypervigilance). En ce qui a trait aux victimes de crimes violents, beaucoup d’entre elles seront aux prises avec de telles réactions. Parmi elles, 20 % à 40 % développeront un état de stress post-traumatique, environ 30 %, un trouble du sommeil, et 15 %, une dépression. Lorsque le fonctionnement habituel de la personne est encore altéré quelques mois après l’événement, il est pertinent de recourir à des services d’aide formelle (par exemple, un psychologue spécialisé).

En somme, les besoins des personnes victimes ou témoins d›un acte criminel sont variés et peuvent dépasser les capacités ou les connaissances de leur entourage. Les proches eux-mêmes peuvent aussi rapporter vivre une certaine détresse personnelle. Dans ce cas, il peut s’avérer utile de contacter les ressources spécialisées pour les victimes. Elles peuvent offrir des services adaptés aux besoins qui surgissent en lien avec ce type de situation.

Brickman , E. (2002), “Development of a national study of victim needs and assistance”, US Department of Justice, pp. 42-55, disponible au : www.ncjrs.gov