L’intégration d’un proche dans le traitement du stress post-traumatique

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Les résultats d’un bon nombre de recherches confirment la relation entre les symptômes de l’état de stress post-traumatique (ÉSPT) et le soutien social1. Un soutien social inadéquat peut contribuer au développement et au maintien de l’ÉSPT. Le soutien social peut également avoir un impact positif ou négatif sur le traitement. Afin d’obtenir un impact positif, l’intégration d’un proche dans le traitement de l’ÉSPT est pertinente en raison des effets bénéfiques qu’elle ajoute, mais également parce qu’elle peut permettre d’éliminer ou de diminuer les entraves au traitement. Notamment, les habiletés des proches à offrir du soutien pourraient être bonifiées à l’aide de la psychoéducation sur les réactions de stress post-traumatique, de la modification des attentes irréalistes concernant l’évolution de l’ÉSPT et d’une meilleure connaissance des comportements de soutien adéquats ou non.
 
Au Centre d’étude sur le trauma, des projets de recherche ont ainsi été menés dans le but d’évaluer l’impact de l’intégration de la conjointe ou du conjoint d’une per sonne souffrant d’un ÉSPT sur l’efficacité du traitement. Ces études ont principalement visé cette source de soutien, car chez une victime vivant en couple, la conjointe ou le conjoint joue généralement un rôle primordial à la suite d’un événement traumatique. Le soutien provenant d’une autre source ne pourrait pas en effet compenser un manque de soutien provenant de la conjointe ou du conjoint. De plus, l’ÉSPT nécessite de nombreuses adaptations au sein d’un couple et, conséquemment, influence grandement la façon dont les conjoints interagissent entre eux.
 
Les résultats d’une de ces études indiquent que les victimes dont la conjointe ou le conjoint participait au traitement avaient un niveau de symptômes d’ÉSPT moins élevé après le traitement que celles ayant reçu le traitement individuel. Elles percevaient également plus d’amélioration dans leur rapport de soutien avec le proche. Entre autres, la façon de e demander de l’aide ou du soutien à la conjointe ou au conjoint était plus satisfaisante et les victimes avaient une perception plus positive en ce qui concerne les encouragements de la conjointe ou du conjoint à parler de l’événement2.
 
Une autre étude portant spécifiquement sur les victimes d’agression sexuelle a également été réalisée. Elle visait à évaluer l’impact de l’intégration du conjoint des participantes sur les symptômes d’ÉSPT, sur la satisfaction face au soutien reçu et sur les conséquences de l’événement traumatique au sein du couple. Quatre rencontres d’une heure avec le conjoint ont ainsi été ajoutées au traitement cognitif-comportemental traditionnel. Les rencontres portaient entre autres sur la transmission d’informations sur l’ÉSPT et sur l’identification des comportements de soutien adéquat, soit par exemple d’encourager la victime à participer activement au traitement et à effectuer ses exercices, et inadéquats, soit de critiquer la victime ou de l’encourager à tenter d’oublier l’événement. L’impact de l’agression sur le couple (sur le plan de la sexualité ou de l’intimité) était également abordé. À la suite du traitement, l’ensemble des participantes ont rapporté une augmentation significative de leur satisfaction face au soutien reçu et une diminution des comportements de soutien négatif. Les résultats indiquaient également que toutes les participantes voyaient leur rétablissement comme étant lié à l’amélioration du soutien de leur conjoint. De plus, l’ensemble des conjoints décrivait leur implication comme positive3.
 
Pour conclure, toutes ces études soulignent la pertinence d’outiller les proches des victimes d’événements traumatiques
et l’importance de se rappeler qu’ils peuvent être des acteurs importants dans le processus de rétablissement.

Références

1. Guay, S., Billette, V., Marchand, A. (2006). “Exploring the links between post-traumatic stress disorder and social support: Processes and potential research avenues.” Journal of Traumatic Stress, 19, 327-338.
 
2. Guay, S., Billette, V., St-Jean-Trudel, E., Marchand, A., Mainguy, N. (2004). «Thérapie de couple et trouble de stress post-traumatique.» Revue Francophone du Stress et du Trauma, 4, 81-88.
 
3. Billette, V., Guay, S., Marchand, A. (2008). “Post-traumatic stress disorder and social support in female victims of sexual assault: The impact of spousal involvement on the effectiveness of CBT.” Behavior Modification, 32, 876-896.