Mieux comprendre les liens entre les interactions sociales et le stress post-traumatique pour favoriser le rétablissement

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Toute personne ayant développé un état de stress post-traumatique (ÉSPT) est amenée à relever au quotidien un lot de défis associés à sa situation. Les interactions sociales avec les proches peuvent en être un bon exemple, celles-ci se voyant affectées par le développement de l’ÉSPT.
 
Plus précisément, les personnes souffrant d’un ÉSPT trouvent souvent que leurs proches ne comprennent pas tout à fait ce qu’elles vivent. Quant aux proches, leurs réactions peuvent être très différentes. Certains proches peuvent en venir à ressentir de l’amertume à l’égard de la personne aux prises avec un ÉSPT, à la blâmer pour sa condition, à la forcer à affronter les situations évitées ou à l’accuser d’exagérer ses symptômes. D’autres font leur possible pour être compatissants, mais luttent pour bien comprendre les symptômes d’anxiété, les peurs de la personne avec un ÉSPT et savoir comment réagir à tout cela. L’évitement de ce qui a été associé à l’événement traumatique par la personne anxieuse peut par exemple être un symptôme auquel les proches ont fréquemment de la difficulté à répondre de la façon la plus aidante. Ils ne savent pas s’il est préférable de forcer la personne à affronter ses peurs, de l’accompagner ou de la laisser tranquille, à sa demande. Il n’est donc guère facile pour les proches d’offrir un soutien approprié aux personnes souffrant d’un ÉSPT qui, de leur côté, se fient sur leur entourage ou sur leur conjointe ou conjoint pour les soutenir et les aider à passer à travers cette épreuve.
 
Afin d’aider les personnes avec un ÉSPT et leurs proches, plusieurs recherches tentent de mieux comprendre les processus de soutien et d’identifier les stratégies adéquates qui peuvent être offertes à ces personnes afin de favoriser leur rétablissement et de préserver la qualité de leurs interactions sociales significatives. L’observation d’interactions entre une personne souffrant d’un ÉSPT et ses proches, des questionnaires et, de plus en plus, des mesures physiologiques du stress et de l’anxiété sont des outils pertinents pour accroître notre compréhension des effets du soutien social. Ils ont pour rôle de nous aider à identifier ce qui aurait un effet positif et bénéfique sur la personne avec un ÉSPT et son rétablissement.
 
Les recherches et expériences cliniques nous ont conduits à déterminer comment aider les proches en leur apprenant à identifier les symptômes d’ÉSPT, notamment en les démystifiant et en leur donnant un sens. Elles nous ont également permis de vérifier que l’écoute et la présence du proche sont en soi aidantes. De plus, la capacité du proche à respecter le rythme de la personne anxieuse et la reconnaissance de l’importance de parler de l’ÉSPT et des difficultés associées, malgré une certaine réticence, sont pertinentes. La personne anxieuse a souvent l’impression que le fait de se rappeler l’événement traumatique lorsqu’elle en parle risquerait de susciter un sentiment tellement intense et déplaisant qu’elle ne saurait le contrôler. Un proche ouvert à en discuter permet d’atténuer la crainte et d’amener la personne à constater que ce n’est « pas si pire que ça » d’en parler. Ce constat permet à la personne anxieuse de retrouver de l’espoir et de favoriser son rétablissement. En parallèle, ces effets positifs augmentent aussi les chances de préserver une relation positive avec le proche.
 
Enfin, une atmosphère propice à l’ouverture non seulement améliore les relations avec les proches, mais permet aux personnes avec un ÉSPT de vivre moins de stress par rapport aux défis qu’elles ont à surmonter, contribuant ainsi à leur rétablissement. Surmonter les conséquences d’un événement traumatique n’est jamais chose aisée, ni pour les personnes victimes, ni pour leur entourage. Toutefois, les efforts déployés par les proches, notamment si ceux-ci sont bien orientés et guidés, maximisent les chances de rétablissement. Les études tentent donc d’identifier les meilleurs moyens pour aider les personnes ayant développé un ÉSPT, et également de les rendre accessibles et de les communiquer à leurs proches.