Que peuvent vivre les victimes durant et immédiatement après un événement traumatique ?

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Vous avez possiblement déjà entendu parler des différentes réactions que les  victimes peuvent vivre au cours de l’événement traumatique. Certains individus affirment avoir eu très peur et, depuis, semblent constamment aux aguets. D’autres mentionnent qu’ils n’ont rien ressenti durant l’événement et qu’ils ne se souviennent de rien. Il existe une variété de réactions possibles durant et immédiatement après un événement traumatique. Voyons plus en détail ce que disent les experts à ce sujet.

Trois catégories de réactions possibles pendant l’événement

On peut diviser les réactions péritraumatiques, c’est-à-dire celles qui apparaissent durant l’événement traumatique, en trois grandes catégories : les réactions physiques, émotionnelles et de dissociation. Il est important de noter que ces réactions sont vécues différemment et avec une intensité variable selon les victimes. Premièrement, concernant les réactions physiques, les individus vont fréquemment sentir leur rythme cardiaque s’accélérer lors de l’événement, leurs muscles se tendre, voire leur corps trembler. Leur respiration devient souvent rapide, donnant lieu à une sensation de souffle court ou d’étouffement, et une certaine douleur peut être ressentie au niveau de la poitrine. En conséquence, certains se sentiront étourdis ou nauséeux. Deuxièmement, sur le plan émotionnel, les individus vivant un événement traumatique vont généralement se sentir effrayés,  avoir  peur  d’être sérieusement blessés ou même de mourir. D’autres émotions sont aussi probables, telles que la surprise, la colère, le dégoût, l’impuissance, la confusion, la culpabilité  et la tristesse. De plus, les émotions vécues durant un événement traumatique peuvent être d’une telle intensité que les victimes peuvent avoir peur de perdre le contrôle et d’être atteintes de folie1.

Au contraire, certaines personnes disent qu’elles ne ressentent aucune émotion, comme si elles étaient « figées » émotionnellement. En fait, les experts nomment ce phénomène la dissociation. Les individus qui vivent des réactions de dissociation se coupent de leurs émotions durant un événement traumatique, comme si leur corps n’était pas en mesure de pouvoir gérer la haute intensité des émotions2. Une perte de contact avec ce qui se passe autour d’eux est fréquemment observée. La victime se sent soudainement comme un spectateur qui regarde de loin la scène, c’est-à-dire l’événement. Par ailleurs, certains affirment que tout semble irréel, comme s’ils sont dans un rêve ou que le temps est au ralenti. Cette baisse de conscience de l’environnement est typique du phénomène de dissociation et provoque souvent l’oubli d’éléments importants de l’événement chez la victime.

Réactions de stress aigu à la suite de l’événement

Les jours suivant le trauma sont également  empreints  de  diverses  réactions. Celles-ci,  appelées  réactions  de  stress aigu, sont normalement observées chez une  victime  et  traduisent  une  certaine tentative du corps à « digérer » ce qui vient de se passer3. Ainsi, il est habituel d’observer chez  une  victime l’apparition  de  souvenirs  intrusifs, c’est-à-dire non désirés,  qui  sont généralement accompagnés  d’anxiété.  L’individu  essaie  donc  d’éviter ces pensées ainsi que les objets, les lieux ou les personnes qui lui rappellent le trauma. De  plus,  la  victime est  souvent préoccupée par la présence de dangers potentiels, préoccupation qui se traduit par un comportement d’hypervigilance. Des  problèmes de concentration, de sommeil et de prises de décision peuvent se développer, pour n’en nommer que quelques-uns. Même  si  ces  réactions de  stress  aigu  sont observables  typiquement  durant les heures ou les jours qui suivent le trauma, si elles persistent ou s’aggravent durant le premier mois suivant, l’individu peut en venir à développer un trouble de stress aigu.

Références

1.  FALSETTI, S. A., RESNICK, H. S., KILPAT- RICK, D. G., & FREEDY, J. R. (1994). A review of the Potential Stressful Events Inter- view. Behavior Therapist, 17, 66-67.

2. FIKRETOGLU, D., BRUNET, A., BEST, S., METZLER, T., DELUCCHI, K., WEISS, D.S., …, MARMAR, C. (2006). The relationship between peritraumatic distress and peritraumatic dissociation: an examination of two competing models. Journal of Nervous and Mental Disorders, 194(11), 853-858.

3.  FORD, J. (2009). Posttraumatic Stress Disorder: Scientific and Professional Dimensions. USA: Elsevier.