Une vie de qualité après un événement traumatique, c’est possible?

traumag-no-8-christophe

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) définit la qualité de vie (QV) comme «La perception qu’a un indi­vidu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système de valeurs dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiétudes». Cette perception est influencée, entre autres, par sa santé physique et psychologique ainsi que par ses relations sociales. Il a été démontré que l’état de stress post-traumatique (ESPT) affecte les perceptions et donc la QV de l’individu. Les études scientifiques démontrent que trois variables ont un effet important sur la QV à la suite d’un ESPT: le soutien social, les stratégies d’adaptation et la sévérité des symp­tômes.

Le soutien social

Le soutien social se définit par la quantité, la qualité et la disponibilité des relations qui fournissent un appui affectif à un individu. Le soutien social peut avoir un effet positif autant que négatif sur la QV des individus aux prises avec un ESPT. Des comportements aidants des proches tels que le soutien émotionnel et l’encouragement à parler de l’événe­ment traumatique tendent à augmenter l’estime de soi et le sentiment de bien-être psychologique, tout en diminuant la détresse et le risque de dépression. Un soutien social négatif se manifeste par des comportements qui visent à éviter de parler avec la victime des pensées liées à son traumatisme, les critiques, l’insen­sibilité et la minimisation de l’impact de l’événement. Les personnes souffrant d’un ESPT rapportent avoir moins de contacts avec leurs amis, recevoir moins de soutien de leur part, éprouver moins de satisfaction relationnelle et entretenir moins de communication avec leurs proches. Conséquemment, pouvoir se confier à une personne attentive, qu’il s’agisse d’un psychologue ou d’un proche, permet de diminuer la détresse tout en améliorant la QV.

Les stratégies d’adaptation

À la suite d’un événement traumatique, des stratégies d’adaptation sont mises en place par l’individu pour gérer son stress. Ces stratégies peuvent avoir des effets positifs ou négatifs sur la QV, selon qu’elles sont adaptées ou non. Par exemple, les stratégies à privilégier peuvent être la recherche active de soutien, l’utilisa­tion des ressources à sa disposition, la communication et l’acceptation de ses émotions. Toutes ces stratégies d’adap­tation sont des facteurs de protection pour les individus atteints d’un ESPT et elles contribuent à l’amélioration de leur QV. Par opposition, les individus atteints d’un ESPT qui gèrent leur stress par des stratégies d’adapta­tion inefficaces (p. ex.: désengagement social, consomma­tion de drogues ou d’alcool) ont tendance à éviter les situations qui pour­raient engendrer des reviviscences de l’événement trauma­tique.

La sévérité des symptômes

Le facteur le plus déterminant de la QV après un événement traumatique est la sévérité des symptômes de l’ESPT. En ef­fet, celle-ci est associée à une perception négative qu’a la victime de sa QV, et ce, indépendamment du soutien social perçu et des stratégies utilisées pour gérer son stress1. Par exemple, les difficultés de som­meil et les cauchemars récurrents nuisent à la santé physique et psychologique des victimes. L’irritabilité et l’hypervigilance expliquent en partie les difficultés dans leurs relations sociales, tout comme les difficultés de concentration peuvent compromettre leur capacité à travailler et leur fonctionnement personnel. De plus, les personnes atteintes d’un ESPT peuvent vivre avec un sentiment d’insécurité constant qui peut nuire à la perception positive de leurs conditions de vie et par la suite, réduire l’évaluation de leur QV. Conséquemment, consulter un professionnel de la santé mentale est une décision profitable puisque cela permet de réduire la sévérité des symptômes.

Conclusion

La littérature suggère qu’il est possible pour une personne atteinte d’un ESPT de reprendre un fonctionnement personnel, social et professionnel normal, et de retrouver, en partie ou en totalité, une QV satisfaisante. Afin d’y arriver, il est primordial de rappeler que le soutien social, les stratégies d’adaptation et la réduction des symptômes jouent un rôle déterminant sur la QV ainsi que sur la récupération de l’ESPT.

Référence

1. Nachar, N., Guay, S., Beaulieu-Prevost, D. et Marchand, A. (2013). Assessment of the Psychosocial Predictors of Health-Related Quality of Life in a PTSD Clinical Sample. Traumatology, 19(1), 20-27.